Je me suis souvent posé la question de savoir ce que devenaient nos contenus numériques après la mort. L’actualité récente et morbide me replonge dans des abîmes de perplexité. L’un des deux jeunes morts, après avoir été percuté par une voiture de police, tenait un blog sous le pseudo de Chamo6 sur un skyblog. Libération évoquait ce site, il y a peu en soulignant qu’au “milieu de quelques messages de condoléances, on y trouve un torrent de messages racistes et haineux” (commentaires fermés depuis semble-t-il). J’essaie de me mettre à la place de la famille. Il n’existe rien de pire que de perdre son enfant… Les proches ont du suffoquer à la lecture des insultes qu’on adresse à leur petit, disparu précocement.
J’en viens à la question de ce rapide billet. Que va devenir le blog de Chamo6 ? Ne devrait-on pas considérer ce site post-mortem comme une sorte de sépulture qu’on devrait protéger et respecter au même titre que n’importe quelle tombe IRL ?
Son blog disparaîtra-t-il lorsque skyrock.com fera remonter dans ses tuyaux administratifs que son auteur est décédé (dans 105 jours) ? skyrock.com conviendra-t-il avec la famille de ce qu’il adviendra de son site ? Restituera-t-il le contenu (photos, textes) aux proches ?
Ce sont des questions importantes pour les familles des victimes et la mémoire du défunt. Au-delà, c’est notre société tout entière qui est interpellée. Et il faudra bien un jour que les législateurs s’y intéressent.


8 Commentaires pour "Villiers-le-Bel : quid du blog de l’une des deux victimes ?"
Je rappelle ici le lien que je mentionne dans mon billet "Ghosts in the net" concernant myspace : "Deathspace" dédié aux jeunes myspaceurs décédés. Avec ce sous-titre : "Myspace Doesn’t End At Death"…
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Je me suis souvent posé cette question. Certe, un blog n’a pas forcément une grande valeur artistique, ce n’est donc pas un livre que l’on laisse dans les rayons des bibliothèques, il n’empêche que l’identité numérique a pris une telle importance, que la question mérite en effet d’être posée.
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Dans 105 jours, skyrock efface le blog Chamo6 ?
Conditions generales du site :
"La durée de validité d’un Compte Personnel est de cent cinq (105) jours à compter de la date du dernier accès aux Services à partir de ce Compte Personnel. Au-delà de cette durée, et sans préjudice des stipulations de l’article IV.2.b le Compte sera automatiquement supprimé sans qu’aucune indemnité ne puisse être réclamée."
Une harmonisation des conditions d’usage de ces sites web2 concernant le contenu post-mortem semble plus nécessaire que jamais.
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Ca me rappelle le blog de Gabriele, jeune italien tué par erreur par la police il y a quelques semaines, après une bagarre entre supporters de la Lazio et la Juventus. Son Myspace a été submergé de commentaire, de tous ses amis lui laissant des messages post-mortem. Ca vous faisait monter les larmes aux yeux.
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Sur ledit blog, ce billet incroyable, sous la photo d’une alliance passée à une main drapée de tulle blanc :
"Sa c pour la fille sérieuse ki mefera tonber dans c’est bras peut etre ke c’est toi?
Alor essaye!!
Mais de toute facon celle que j’aime avan tous et qui est la plus belle.
C’est ma maman, que j’aime tellement….."
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[...] par une voiture de police, en France, tenait un blog sous le pseudo de Chamo6 sur un skyblog. Tristan s’interroge sur ce que deviennent nos "contenus numériques" après [...]
Il est évident que l on doit se poser la question. Tel un livre, une oeuvre artistique etc … un blog reste un héritage, une empreinte.
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Un autre problème que pointe votre article, et non des moindres, est celui de l’insulte sur Internet. Si ce qui a été dit est vrai, si les commentaires de ce blog ont été réellement supprimés parce qu’ils étaient saturés de messages de haine, on peut supposer sans trop risquer de se tromper que ceux-ci l’étaient sous le couvert de l’anonymat. Ceci me fait penser, avec un peu de provocation il est vrai, que si l’Internet tel que nous le connaissons aujourd’hui avait existé lors de la seconde guerre mondiale, les traques nazies auraient trouvé avec la délation anonyme, une efficacité bien plus abominable encore. Uchronie n’est pas raison, bien entendu, mais la question reste présente : comment penser l’anonymat aujourd’hui ?
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