Alors qu’on assiste à la 5e arrestations d’un ancien dirigeant Khmer rouge par le tout nouveau tribunal spécial de l’ONU (créée pour juger les crimes commis au Cambodge de 1975 à 1979), voilà que le nom de Vergès fait surface. Qui pouvait bien défendre l’ancien président Khmer rouge, Khieu Samphan, inculpé de crimes contre l’humanité, si ce n’est quelqu’un de proche :
Khieu Samphan, qui a étudié en France, et Jacques Vergès s’étaient connus dans les années 1950 à Paris où ils fréquentaient tous deux les cercles marxisants du mouvement anti-colonialiste.
Parmi les anciens clients célèbres de Jacques Vergès figurent les terroristes Carlos et Anis Naccache, ainsi que le nazi Klaus Barbie. (via l’AFP)
Encore un joli trophée à mettre sur sa cheminée à côté des autres…
Si avec ça, il ne passe pas chez Ardisson, on pourra dire qu’il aura tout essayé.
Pour une intéressante mise en perspective, jetez un oeil à notre reportage tourné en décembre dernier au Cambodge sur blogtrotters.fr.


9 Commentaires pour "L’ex-président Khmer rouge sera défendu par Me Vergès"
Cher Tristan,
Je crains que ce ne soit pas aussi simple, Vergès ayant combattu les nazis et donc Barbie pendant la 2nde guerre mondiale. Les résistants étaient-ils si nombreux à l’époque ? Dans le même ordre d’idée, on a appris par l’Express que Jean-Marie Le Pen avait voulu s’engager à 16 ans dans la résistance (donc au même âge que Vergès), mais que cela lui avait été refusé car jugé trop jeune. Je ferme la parenthèse.
Par ailleurs, Saddam Hussein, que Vergès aurait dû et voulu défendre, était un grand ami des démocraties occidentales qui s’en servaient de tête de pont contre l’Iran, avant d’en faire le nouveau satan. Cette contradiction me paraît importante à noter, si l’on ne veut pas paraître comme les grands donneurs de leçons, imbus d’eux-mêmes au point de ne plus voir nos propres errements.
Voilà ce qui intéresse Vergès, mettre le monde occidental devant ses contradictions. Même si je suis loin de partager sa haine de l’Amérique (entre autres), il me semble utile dans notre monde où les arguments sont trop souvent remplacés par des salauds, pour citer Alain Finkielkraut. Attendons de voir ce qu’il se dira au procès avant de juger ;)
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Jean> Je comprends tes précautions. Je dois être plus radical que toi sur la question. ;) Ce qui me dérange avec Vergès, c’est sa matrice idéologique. Avoir été résistant ne garantie rien et j’ai plutôt tendance à juger les hommes sur ce qu’ils ont fait de pire (il y a pleins de résistants au FN, on peut être devenu un gros raciste après s’être battu pour la France). J’ai appris à connaitre Vergès en l’écoutant sur Radio Courtoisie pendant des années. Et entre nous, ce qui en est ressorti me fait penser aux milieux idéologiques rouge/brun.
Vergès reprendra certainement à son compte le négationnisme de celui qu’il défend (Khieu Samphan), il insistera sur le rôle des USA encore et toujours… Alors que le but des procès qui se tiendront, est d’aider les familles à savoir ce que sont devenus leurs proches, qui les a tués, et punir les criminels.
On verra bien.
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Le boulot d’un avocat (pénaliste en tout cas), c’est de veiller au respect des droits de la défense, dont tout le monde bénéficie, sans se soucier de la culpabilité ou de la motivation de son client.
Ce droit fait partie des droits fondamentaux et ça ne rend pas les avocats pénalistes complices des personnes qu’ils défendent.
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verges est un facho mais comme il est antisioniste et qu’il s’est battu pour l’independance de l’algerie il se trouve des personnes pour le defendre et même lui donner un large acces aux medias
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Celui qui incarne peut-être le mieux ta thèse, c’est Pétain : héros de Verdun, cela ne l’a pas empêché d’être le premier des collabos, et de serrer la pogne de Hitler à Montoire.
Mais je ne suis pas de ceux qui pour autant considèrent que l’on puisse comparer la situation pendant la guerre avec la situation actuelle. Ce serait banaliser l’inacceptable, comme dit Richard Prasquier au sujet de sa défense de l’amendement ADN. S’il y a en effet des antisémites au FN, ce n’est pas un parti antisémite, et j’ai analysé dans un livre en quoi la politique menée depuis 30 ans, aussi bien par la gauche que la droite, générait aussi de l’antisémitisme.
Tout n’est pas aussi simple que pendant la guerre : l’antisémitisme est interdit publiquement, du coup les antisémites sont obligés de se cacher derrière des habits d’apparats (pas sûr de l’orthographe). Pour certains, c’est l’antisionisme évidemment, pour d’autres, c’est la judéomanie, cette politique qui place les juifs au-dessus des autres au nom même des juifs et de l’antisémitisme qui les frappe. A quoi sert de combattre l’antisémitisme si la manière dont on le combat en génère aussi ?
Je prétends qu’Ilan Halimi est la première victime dans notre pays de la judéomanie, sa mort ayant suivi un pic historique de judéomanie (polémique d’intellectuels sur le dîner annuel du CRIF, affaire Dieudonné, affaire Bénier-Bürckel, etc.) alors que la situation au Proche-Orient était (relativement) calme, en tout cas elle n’avait rien à avoir avec la situation 2000 - 2002.
Personne ne l’a analysé ainsi bien sûr, on a mis ça sur le dos de Dieudonné (qui a remplacé en l’espèce le Pen quand il y avait eu Carpentras) alors qu’il n’est pas la cause mais la conséquence d’une politique menée depuis trente ans, en commençant par Mitterrand qui, pour se prémunir de toute attaque en antisémitisme et pour protéger Bousquet, avait le premier placé les juifs au-dessus des autres citoyens français (envoyer 15 ministres au dîner annuel du CRIF, ce qui est anti-constitutionnel, manifester personnellement dans la rue à l’occasion de Carpentras, faire voter la loi Gayssot qui est une loi d’exception - seul le génocide juif ne peut être nié, pas les autres et notamment pas le génocide cambodgien, etc.). Les Présidents et Premiers ministres suivants non seulement marcheront dans ses pas, mais aggraveront encore la situation (déclaration du Vel d’Hiv de Chirac en 1995, distinguant les juifs des autres Français, indemnisation des orphelins de déportés juifs uniquement, affaire Renaud Camus alors qu’il était défendu par Finkielkraut, etc.).
Finalement Sarkozy monte un cran au-dessus, en participant en tant que Président de la République au prochain dîner du CRIF, et en expliquant qu’on ne doit surtout pas réfléchir aux causes de l’antisémitisme. Comme si le racisme était le seul phénomène contre lequel on devait uniquement lutter, sans en comprendre les causes.
Voilà pourquoi on génère du racisme en luttant mal contre lui.
Désolé d’avoir été aussi long, mais la lutte efficace contre l’antisémitisme et le négationnisme ne peut se borner ni aux clichés, ni aux idéologies : les faits sont trop graves et importants pour se les cacher. En conclusion, je citerai Nicolas Sarkozy devant l’American Jewish Comittee la semaine dernière : "On ne peut combattre ce qu’on nie." Aujourd’hui on nie la judéomanie et l’antisémitisme de ressentiment qui en procède, donc on ne peut la combattre. Et Vergès et le Pen ne sont pas blancs pour autant, loin de là, je tenais simplement à expliquer la complexité de la situation actuelle et du raisonnement qu’il conviendrait selon moi d’avoir sur cette question.
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Kasia> Parfaitement d’accord avec toi. Il n’empêche que Vergès est aussi une personne publique, qui s’exprime publiquement sur les plateaux tv (ou les radios extrême-droitistes) et qu’on peut donc critiquer sur ce terrain. Pour le reste, la défense a le droit d’être défendu, même par Vergès. ;)
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Jean> Tu évoques de nombreuses causes derrière l’antisémitisme. Si tu élargies le champ de ces causes, je crois que tu devrais aller plus loin et dire que les causes premières du racisme et de l’antisémitisme sont l’ignorance et la pauvreté. Tout le reste en découle. C’est mon opinion. :)
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Cher Tristan,
Merci pour ta réponse. L’ignorance et la pauvreté sont peut-être des causes ultimes, ou plutôt originelles, en effet, mais elles ne permettent pas de bien comprendre à mon humble avis. Ainsi, pourquoi y a-t-il autant d’antisémitisme dans des pays aussi riches que l’Arabie Saoudite ou le Qatar ? Le monde est plus riche qu’il y a cent ans, pour autant y a-t-il moins d’antisémitisme ? C’est compliqué, c’est pourquoi je préfère en revenir à des réalités un peu moins générales et contre lesquelles on puisse lutter plus directement. Ce qui n’empêche pas de lutter aussi contre la pauvreté et l’ignorance, bien sûr ;)
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Pour moi la cause première du racisme, de l’antisémitisme et globalement des autres “ismes” ne sont ni l’ignorance, ni la pauvreté, mais tout simplement la peur…
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