Libérez l’Argentine du Vatican !
par Tristan + 29/03/05 @ 12:30 pm
| Libérez l’Argentine du Vatican ! |
| Date de Création: 29 Mar, 2005, 02:30 PM |
J’ai trouvé dégueulasse la phrase de l’évêque aux armées argentins Antonio Baseotto menançant de jeter à la mer avec pierre au cou l’actuel ministre de la Santé (25 mars 2005). Tout ça parce qu’il était favorable à la dépénalisation de l’avortement dans son pays… On croit rêver. Quand on sait les ravages que causent l’absence d’IVG en Argentine (entre 500 et 700 morts par an…), on s’inquiête.
Cette menace même virtuelle est vraiment ignoble et indigne… Il suffit de se rappeler les 50 000 morts (selon Amnesty) de la dictature argentine de 76 à 83 et la méthode d’éxécution privilégiée de la junte militaire consistant à jeter vivant, souvant d’un avion, les opposants du régime dictatorial dans le rio de la Plata (Les sinistres “vols de la mort”).
L’évêque argentin tenait le poste de vice-ministre (!) dans un pays qui attend toujours la séparation de l’Eglise et de l’Etat (!!). Il a été démis par le gouvernement progressiste de Kirchner et le Vatican n’a rien trouvé de mieux que de s’offusquer en créant une crise diplomatique (Eh oui le Vatican est un pays parait-il). En attendant il faudra bien qu’un jour l’Église rende des comptes sur sa collaboration avec le régime de la Junte qui ne fut pas que symbolique…
Voit pas bien net JP2 ? |
Pour aller plus loin :
L’affaire du tortionnaire argentin Alfredo Astiz, encore libre à ce jour…
Cliquer ici |
Mise à jour 2 avril 2005.
Ben voit plus rien le JP2. Toujours triste de voir partir un petit vieux, surtout quand l’agonie se prolonge.
Reste que j’espère que le prochain pape sera plus progressiste sur les questions de condoms, du sida, des homos et du reste… |
lire aussi
1 commentaire pour "Libérez l’Argentine du Vatican !"
Sur le sujet, aussi :
L’avortement déchire le monde latino
ARGENTINE • Le procès d’une jeune femme violée et infanticide rouvre le débat sur la
dépénalisation de l’avortement. En Argentine d’abord, mais aussi en Amérique latine.
DE BUENOS AIRES
MATHILDE GUILLAUME
Debout, les cheveux collés par la sueur et
les yeux noirs écarquillés par l’anxiété,
Romina Tejerina a écouté le verdict de
son procès en appel: 14 ans de prison.
«C’est un drame absolu, qui concentre
l’oppression et le manque de protection
dont souffrent beaucoup de femmes victimes
de viol en Argentine», clame Martha
Rosenberg, psychanalyste et membre
du forum pour le droit des femmes.
Le procès de cette jeune femme violée
par un proche, puis enceinte à la suite de
son agression a ému tout le pays. Il y a
deux ans, après avoir caché pendant sept
mois son ventre grossissant, elle avait accouché
seule dans sa salle de bains, et à la
suite d’un accès de folie qui lui avait fait
revivre son viol, avait assassiné son nouveau-
né. D’abord condamnée à une peine
à perpétuité, elle a écopé récemment
en appel de 14 ans de prison.
L’avortement est interdit dans toute
l’Amérique latine et même souvent, comme
en Argentine, puni de peines de prison
ferme. Dans ce pays pourtant, près
d’un demi-million d’avortements clandestins
sont réalisés chaque année, selon
le ministre de la Santé argentin.
Les femmes les plus fortunées peuvent
pratiquer une interruption volontaire de
grossesse propre et bien encadrée dans
une des cliniques privées de Buenos Aires
qui la pratiquent pour l’équivalent de 500
dollars (le salaire moyen est de 200 dollars).
Mais pour les autres, les conditions d’hygiène
laissent souvent beaucoup à désirer,
et la criminalisation des femmes avortées
entraîne la plupart du temps des cicatrices
psychologiques.
Chaque année, ce sont plus de 700
femmes qui périssent des suites d’un
avortement et 15 000 qui souffrent de séquelles
médicales, selon l’Institut social et
politique de la femme à Buenos Aires. Devant
ces chiffres effrayants, de plus en
plus d’associations, ONG et particuliers
réclament la dépénalisation et l’encadrement
de l’avortement en Argentine. Le
procès de Romina Tejerina a été le déclencheur
d’un débat national sur le sujet.
«Ce jugement est le produit d’une législation
répressive qui nous vient de l’Inquisition,
et qui ignore le droit des
femmes», a déclaré Luis Dobsnievsky, le
directeur de l’Institut du droit pénal du
Collège public d’avocats. «Il est grand
temps de s’y mettre et de légaliser
l’avortement.»
Il y a deux mois, le ministre de la Santé argentin,
Ginés González García, s’était lui
aussi exprimé sur le sujet, affirmant que la
dépénalisation permettrait d’améliorer la
prise en charge des femmes et réduirait les
cas de décès des mères. Ces déclarations
venant d’un si haut fonctionnaire ont déclenché
la rage de l’Eglise catholique, et
l’évêque militaire de la ville de Buenos
Aires, Mgr Baseotto a même été renvoyé
suite à une menaçante lettre d’insultes envoyée
au ministre. L’Eglise catholique a en
effet beaucoup de poids en Argentine comme
dans le reste de l’Amérique latine et ne
voit pas d’un très bon oeil la tournure que
prend le débat. L’archevêque de Cordoba a
déclaré la semaine dernière lors d’une
conférence de presse que «l’avortement
provoqué intentionnellement constitue un
mal moral particulièrement grave, car il attente
au droit à la vie de toute personne humaine
innocente». En fin de semaine dernière,
une manifestation était ainsi
organisée par les associations chrétiennes
de Buenos Aires dont le mot d’ordre était
«un rosaire pour la vie». Des milliers de fidèles
ont marché et prié contre
l’avortement.
Devant tant d’oppositions, la députée de
la province de Buenos Aires Noémie Olivetto
enrage: «Nous ne pouvons pas attendre
puisque ce sont deux femmes qui
meurent tous les jours suite à des avortements
clandestins.» Elle a décidé d’accélérer
les choses, en invitant en Argentine
l’association hollandaise Women on
waves et son bateau de l’avortement: «Le
bateau prend à son bord des femmes désireuses
d’avorter et les emmène en eaux
internationales pour ce faire.» Il devrait
mouiller dans le port de Buenos Aires en
fin d’année.
Il y a un an, Romina Tejerina avait écrit
en prison: «(…) Il n’y a pas de justice sur la
terre, juste un châtiment pour nous autres,
les femmes violentées. Nous aurions besoin
de compréhension et pas de condamnation
de la part de cette maudite société
machiste.» I
Les avortements clandestins suite à des viols touchent toute une population marginalisée en Argentine et dans d’autres pays
d’Amérique latine. KEYSTONE
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